Techniques Anatomiques

Injections
Inclusions
Diaphanisation
Corrosion
Plastination


plan du site

Webmaster


Diaphanisation

JPEG - 244.7 ko
Injection - Diaphanisation
Diaphanisation d’un masque apr ?s une injection bicolore (Art ?res en rouge,veines en vert) B. Ricbourg Mus ?e Anatomique Delmas-Orfila-Rouvi ?re

DIFFERENTES METHODES DE DIAPHANISATION

1. - Procédé de O. SCHULTZE

C’est un procédé très simple, mais qui ne peut s’appliquer qu’à l’éclaircissement de petites pièces et qui n’est plus utilisé que pour l’étude du développement du squelette chez les foetus.

Après la fixation de la pièce, et coloration du squelette du foetus, on déshydrate celui-ci par différents passages dans de 1 ’alcool absolu, puis passage dans un bain de lessive de potasse 3 %. ensuite la pièce est mise dans un mélange de glycérine et eau distillée que l’on renouvellera jusqu’à ce qu’il soit clair. On ajoute en dernier lieu un petit peu de formol à 0,5% pour la conservation de la pièce.

2.- Procédé de Spalteholz

Il est moins simple que celui de O. SCHULTZE mais possède sur lui l’avantage de s’appliquer à des pièces de toutes dimensions ; l’auteur fait néanmoins remarquer que plus la pièce est importante, plus la préparation est difficile à réaliser.

Spalteholz a établi sa méthode sur de solides bases de physique optique. La transparence d’un corps est la plus grande lorsque la lumière se réfléchit le moins à sa surface, que moins de lumière est absorbée pendant sa traversée et que son incidence de réfraction est plus voisin de celui du milieu qui le baigne et éventuellement le pénètre.

Pour les corps organiques, en particulier le corps humain, formés de tissus aux indices optiques différents, les mêmes lois sont valables.

C’est la raison pour laquelle une pièce anatomique non préparée n’est pas transparente. Pour obtenir la diaphanisation, l’éclaircissement ; la transparence, il faut que le liquide interstitiel soit remplacé par un liquide à l’indice de réfraction voisin de l’ indlce moyen de la pièce. Ainsl les tissus à indices supérieur et inférieur sont visibles sans avoir leur opacité primitive.

TECHNIQUE

1.- Préparation de la pièce

La pièce doit être propre : on doit donc la laver soigneusement à l’eau et au savon et la raser si nécessaire. C’est à ce moment qu’il y a lieu de faire des lnjections de substances opaques dans les vaisseaux au cas où on désire étudier l’appareil circulatoire. En effet, il ne faut pas commettre l’erreur d’injecter les vaisseaux après la fixation de la pièce : comme nous l’avons vu, la fixation donne la rigidité, ce qui gêne la pénétration de la masse opaque dans les vaisseaux.

2. - Fixation

Elle doit être complète. Le liquide fixateur est indifférent et on peut employer le formol, l’alcool, le sublimé, le liquide de kayserling, etc.. Néanmoins on doit écarter tout liquide fixateur donnant une coloration diffuse sombre des tissus.

En outre, comme nous le verrons plus loin, lorsque la préparation est destinée à montrer le squelette en général ou ses points d’ossification, il faut s’abstenir de tout fixateur décalcifiant et, pour la fixation au formol ou aux liquides formolés, il y a lieu d’aJouter un peu d’ammoniaque : l’optimum est réalisé pour une réaction faiblement alcaline.

3.- Décalcification

Lorsque le squelette gêne la vision de l’appareil que l’on cherche à mettre en évidence, on procède à la décalcification de la pièce dans le liquide suivant : Acide azotique à 25% 5 parties Eau distillée 95 parties

On renouvellera le liquide fréquemment pour éliminer les sels de chaux. La durée de la décalcification (3 semaines environ) est difficile à préciser et elle est en général plus longue qu’on ne se l’imagine. Pour se rendre compte de son évolution on peut piquer, avec une très fine aiguille, les parties les plus ossifiées, mais il faut éviter de plier l’os, car il pourrait alors se produire un clivage des tissus préjudiciables à l’exacte topographie de la pièce.

4.- Blanchissement

C’est un des stades les plus importants du procédé de Spalteholz et il est absolument indispensable, si l’on veut obtenir de belles préparations, ; ne rien négliger dans l’exécution du blanchissement.

Le produit employé couramment est l’eau oxygénée officinale, que l’on neutralise jusqu’à faible réaction alcaline, à l’ammoniaque, ceci pour ne pas attaquer le squelette lorsqu’on ne veut pas le décalcifier. Le dépôt qui se forme alors n’est d’aucune influence sur la préparation, Il serait préférable de remplacer l’eau oxygénée par le perhydrol, produit Merck, sans réaction acide mais son prix de revient trop élevé ne permet pas son utilisation pour des pièces importantes.

La concentration de la solution employée est, pour les tissus adultes de l’eau oxygénée du commerce à 10 volumes ; pour les foetus, l’eau oxygénée du commerce à 3 volumes est suffisante.

Il est inutile de mettre les préparations à l’étuve à 40 degrés, comme le prescrit Lundwall, pendant le blanchissement ; ce n’est que pour les tissus très durs que cette mesure est nécessaire ; il faut alors ajouter à l’eau oxygénée du formol dans la proportion de 10%.

La durée du blanchissement est variable ; la pièce doit être blanche extérieurement et intérieurement. Pour les jeunes foetus elle varie entre quatre et douze heures. Pour les tissus adultes, il faut compter de cinq à quinze jours. Le bain doit être changé plusieurs fois par jour au début, et chaque jour à la fin du stade. Il est à noter que les pièces fixées au formol se blanchissent mieux que les autres.

5.- Lavage

Il doit être complet, sinon le résultat définitif en souffrira. Pour s’assurer du bon lavage de la pièce, il est indispensable de constater la neutralité de l’eau distillée employée à la fin du rinçage (aucune réaction ni acide basique).

La pièce est lavée à l’eau courante de deux à six jours, puis pendant un à deux jours à l’eau distillée que l’on renouvelle autant qu’il est nécessaire.

6 - Déshydratation .

Comme le liquide terminal n’est pas miscible à l’eau, les pièces devront être déshydratées à l’alcool de concentration croissante : douze à quarante huit heures dans les alcools à 50, 70, 90, 95, 99%, enfin pendant un à cinq jours dans l’alcool absolu maintenu à ce titre par un procédé quelconque.

C’est après la déshydratation et avant le bain au benzol qui va suivre que l’on devra, si c’est nécessaire, faire subir à la pièce la coloration du tissu osseux.

7. - Bain au benzol

On pourrait, à 1a rigueur, faire passer les pièces de l’alcool absolu au liquide terminal, puisque ce dernier est miscible à l’alcool, mais Spalteholz considère ce stade de la préparation comme indispensable, malgré les dangers d’incendie.

Le bain dure de un à huit jours et doit être renouvelé trois fois jusqu’à ce que le préparation devienne un peu transparente.

8. - Llquide terminal

Du benzol, la pièce est portée dans le liquide terminal : il faut faire en sorte que le moins de benzol possible soit entraîné avec elle. Le liquide terminal de Spalteholz ou liquide de diaphanisation, est composé de deux des produits suivants : Salicylate de méthyle Indice 1,53 Safrol Indice 1,534 Benzoate de benzile Indice 1,57 Isosafrol Indice 1,658

Pierre BELOU, qui a beaucoup utilisé la méthode de Spalteholz, préconise également l’emploi du xylol naphtalinisé à saturation, dont l’indice de réfraction est de 1,539.

Les indices de réfraction des tissus variant entre 1,50 et 1,56, par un mélange approprié de deux de ces produits, l’un voisin de 1,50 et l’autre supérieur à 1,56, on obtient un liquide dont on peut faire varier l’indice en augmentant la proportion de l’un ou de l’autre.

C’est en application de Ce principe que Spalteholz recommande les mélanges suivants : Pour les os décalcifiés :

En poids Salicylate de méthyle 5 parties Benzoate de benzile 3 parties

ou

Salicylate de méthyle 3 parties Isosafrol 1 partie

ou

Safrol , 3 parties Benzoate de benzile , 1 partie

Pour le cœur humain et les muscles en général :

Salicylate de méthyle Benzoate de Benzile ( à poids égaux) ou Salicylate de méthyle (9 parties ) Isosafrol (5 parties ) en poids

Néanmoins, et Spaltehols insiste particulièrement sur ce point, chaque préparation est un cas particulier et il y aura lieu, par tâtonnements, d’essayer de parvenir à un mélange parfait en augmentant la proportion de l’un ou de l’autre de ces constituants, les chiffres donnés n’étant que des moyennes permettant de réaliser de bonnes préparations, mais susceptibles d’être améliorées avec l’habitude de la technique.

Voici d’autre part, les liquides et mélanges préconisés par Pierre BELOU avec leurs indications :

Pour des segments de foetus, des foetus des premiers mois, la peau d’adulte, les os décalcifiés de foetus, segments osseux et musculaires minces, l’estomac, le gros intestin, l’intestin grêle, la vessie, le cartilage et les membranes fibreuses :

Salicylate de méthyle pur.

Les foetus de grandeur moyenne, la peau, le pancréas, les glandes surrénales, la parotide, les glandes sous-maxillaires et lacrymales, les os décalcifiés, les cœurs de foetus, la langue et ses attaches musculaires. les muscles en général : En poids Salicylate de méthyle .3 parties Benzoate de benzile .1 partie

Les mêmes usages que le précédent liquide, et les os de foetus non décalcifiés, le cœur d’adulte, l’utérus et les poumons, Xylol naphtalise à saturation.

Les os non décalcifiés d’adultes, cœur d’adultes, poumon, utérus et prostate : En poids Salicylate de méthyle 1 partie Benzoate de benzile 2 parties

Segments de grands foetus, os non décalcifiés d’adultes et de foe- tus, les dents : En poids Salicylate de méthyle 5 parties Benzoate de benzile , 3 parties

Le cerveau, le rein, les testicules et les ovaires : En poids Salicylate de méthyle 1 partie Benzoate de benzile 1 partie

9. - Evacuation de l’air

Pour terminer, les préparations sont placées sous une pompe à vide, afin d’entraîner le benzol mélangé au liquide terminal et les bulles d’air qui peuvent encore se trouver dans la pièce. On utilise couramment une simple pompe à eau de bonne fabrication. Toutes les pompes à vide peuvent être utilisées, mais il ne faut pas oublier que celles dont l’étanchéité est assurée par de l’huile perdent rapidement de leur puissance du fait des vapeurs de benzol qui se fixent sur l’huile. En outre, sous la cloche, il est bon de mettre un récipient contenant du chlorure de calcium anhydre.

L’aspiration doit être poursuivie plusieurs jours. On procède de la façon suivante : on fait le vide pendant plusieurs heures, puis on ferme le robinet de la cloche ; le lendemain, on remet la pompe en marche, et ainsi de suite. Il ne faut pas négliger de frapper doucement la table sur laquelle se trouve la préparation et la cloche à vide, afin de faire monter à la surface du liquide les bulles d’air ou de gaz.

Sous l’influence du liquide terminal et de l’aspiration, les préparations acquièrent bientôt leur transparence. Lorsque ce résultat n’est pas obtenu, au bout de quelques jours, c’est qu’une modalité de la technique n’a pas été bien conduite.

Voici les deux incidents possibles, avec leurs causes et leurs remèdes : si la préparation est trouble, dépolie , c’est que le liquide terminal a été mal choisi ; il suffit alors, par tâtonnements, de la modifier par addition de l’un ou de l’autre de ses constituants. Si la préparation est blanche ou blanchâtre par endroits, c’est que la déshydratation n’est pas parfaite , il suffit alors de reprendre la technique à partir de la déshydratation aux alcools et de poursuivre par le bain au benzol, etc...

Enfin les bocaux contenant les préparations transparentes doivent être fermés, sans qu’il y ait de bulles d’air entre le couvercle et la surface du liquide. Les mastics employés couramment étant attaquables par le liquide terminal, nous recommandons l’une des formules suivantes : Formule de Spalteholz : Gomme arabique 50 grammes Sucre 50 grammes Silicate de soude 2 grammes Eau distillée : le minimum pour obtenir une colle très épaisse.

Formule de Fracassi -

Sucre pulvérisé 3 grammes Gomme arabique 1 gramme Silicate de soude 3 grammes Formol à 40% 1 gramme Eau distillée, le minimum pour obtenir une colle très épaisse.

Les bords du bocal et du couvercle sont frottés à la benzine, puis enduits d’une de ces colles et maintenus au contact sous une presse.

. - Procédé de Lundvall

Procédé identique à celui de Spalteholz, seule la constitution du liquide terminal varie : Mélange de benzol et de benzoate de benzile ou d’huile de paraffine et de benzoate de benzile.

4. - Procédé de Kovacs

le liquide terminal est constitué par de la tétraline.

a ) Fixation au liquide neutre b ) blanchissement à l’eau oxygénée c ) déshydratation aux alcools d ) bain à l’alcool absolu e ) bain au benzol f ) immersion dans la Tétraline g ) évacuation de l’air et des vapeurs volatiles